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samedi 9 avril 2016

Le grand parler Aurochs article dans l'Indépendant


Taureaux : une réelle inspiration
En hommage aux taureaux d'aujourd'hui, le conteur Clément Riot a écrit
« Le grand parler Aurochs».

« L'aurochs est au taureau ce que le dinosaure est à l'éléphant.» annonce Clément Riot, conteur et compositeur acousmatique. Son livre Le grand parler Aurochs ou l'épopée de la Constellation du Taureau est un mythe, un hommage à cet animal puissant, beau et combattant. Une histoire qui touche petits et grands puisqu'« on peut y croire ». Clément Riot propose, à partir des éléments connus par les légendes, des conséquences de la destinée de ce sublime animal prêt à combattre pour se soulever contre la soumission. Ainsi, ce sont des réponses sur les débuts de la vie et des légendes berçants notre enfance.
Un livre fraîchement méditerranéen qui laisse paraître un clin d'oeil à la corrida.

• En français et espagnol

Le livre, adapté en français et en espagnol, renforce l'hommage fait au taureau au-delà de la frontière. C'est tout un symbole espagnol qui est perçu, renforcé par les illustrations de Balbino Giner (artiste français). Cette double traduction élargit le public visé notamment auprès des établissements scolaires qui, grâce aux références du livre, vont retracer des histoires ancestrales, mythes, fables et autres inspirations antiques de tous lieux et de tout temps. La curiosité est aiguisée, l'histoire redécouverte, du Minotaure à Hercule, de Zeus à Poséidon et autres dieux qui ne cessent d'intriguer.

L'écriture simple et orale de Clément Riot entraîne dans un univers lointain entre invention et fait mythique, la délimitation est quasi imperceptible. Un livre écrit pour être conté, écouté, imaginé avec de multiples interprétations selon la vision de chacun.

Un moment pour divaguer dans la galaxie où certains phénomènes sont à peine imaginables. Les douze constellations scintillantes nous content mille et une histoires, aujourd'hui c'était celle du taureau. 

(© Célia Chabaudie, L’Indépendant, Samedi 9 avril 2016)

dimanche 8 novembre 2015

La création artistique en Allemagne occupée (1945-1949). Enjeux, esthétiques et politiques

Recension d'Édith WEBER dans
l'Éducation Musicale n°97 de novembre 2015

 Élise Petit (dir.) : La création artistique en Allemagne occupée (1945-1949). Enjeux, esthétiques et politiques.

Collection Avant-Gardes, 2015, 266 p. – 29 €. Réf. BDT0057

Ouvrage publié avec le soutien du CNL (Centre National du Livre)

En Alsace annexée par l'Allemagne nazie entre 1940 et 1944, la musique de compositeurs juifs ou étrangers, considérée comme « dégénérée » (entartete Musik), était interdite. En Allemagne occupée entre 1945 et 1949 après la capitulation du IIIe Reich, le processus de dénazification est engagé et la renaissance artistique se manifestera différemment à l'Est et à l'Ouest, en fonction des idéologies politiques et des valeurs de démocratie et de liberté défendues par les Alliés. Celles-ci se répercuteront sur la production musicale, artistique, littéraire, cinématographique et théâtrale.

Élise Petit — Docteur en musicologie, spécialiste de la création musicale et des orientations idéologiques en Allemagne (avant et après 1945) — a regroupé une douzaine d'articles ponctuels autour de l'articulation des deux problèmes : « démocratisation de la musique » et « liberté ». Il en résulte deux acceptions idéologiques : d'un côté, en Allemagne de l'Est, « l'esthétique du réalisme socialiste prévaut » (p. 4 de couverture) ; de l'autre côté, l'Allemagne de l'Ouest remet à l'honneur les musiciens et les esthétiques qualifiés de « dégénérés » par le IIIe Reich. Comme le souligne É. Petit : « la rééducation du peuple allemand se mue progressivement en une réorientation idéologique ». Enfin, dans les quatre zones occupées (américaine, anglaise, française et russe), les cheminements esthétiques et les enjeux idéologiques sont multiples. C'est le mérite de ce livre qui, au fil des pages, les font découvrir sous un aspect jusqu'ici inédit et correspondant bien au titre de la Collection « Avant-Gardes ».

Trois parties aux titres percutants : Esthétique du traumatisme, Rééducation par les Arts et Controverses esthétiques et affrontements idéologiques révèlent des situations parfois inattendues, d'une part à travers des compositeurs tels que Karlheinz Stockhausen, entre autres ; des poètes et philosophes, Paul Celan, Thomas Mann, Berthold Brecht (en RDA)… ; le cinéma, le théâtre et la place réservée à l'art moderne par l'esthétique moderniste en zone russe ; les problèmes inhérents à la rééducation du peuple allemand, sans oublier les enjeux musicaux français dans le cadre des célèbres Cours d'été à Darmstadt (zone américaine) portant sur la nouvelle musique avec ses acteurs : compositeurs, interprètes, pédagogues et historiens.

Nos lecteurs seront, bien sûr, intéressés par cette tranche d'histoire de la musique Outre-Rhin avec une vision structuraliste (musique sérielle : René Leibowitz, Pierre Boulez, Arnold Schönberg…) ; par les expériences microtonales (Ivan Wyschnegradsky)... À côté du néoclassicisme et du post-romantisme désuet, la volonté de modernité règne dans la zone américaine où les musiciens communistes sont décrétés persona non grata. En fait, de larges subventions favorisent la modernisation artistique et répondent également à l'impérieuse nécessité de l'enseignement artistique en tant que moyen de rééducation après la Seconde Guerre mondiale. Bref : une page d'histoire musicale européenne à découvrir, accompagnée d'une Bibliographie ciblée (un Index des noms propres eût été éclairant), et également un livre très révélateur sur les plans historique et sociologique, esthétique et créatif, stratégique et politique pendant ces quatre années de l'immédiat Après-guerre.

mercredi 2 septembre 2015

Recension du livre La traduction des émotions dans les musiques de films dans l'Éducation Musicale n°95. BDT0045

L'Éducation Musicale n°95 de septembre 2015
Recension d'Édith WEBER

Muriel JOUBERT, Bertrand MERLIER (dir.) : La traduction des émotions dans les musiques de films. 1 vol Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com), 2015, 325 p. – 25 €.

Placée sous le double signe de la transdisciplinarité et de la complémentarité, cette publication très originale et neuve sur le plan méthodologique est centrée sur les effets de la musique de film, présentés lors des journées d'étude organisées les 18 et 19 décembre 2012 à l'Université de Lyon II. Le sujet a nécessité la participation de chercheurs venant de nombreuses disciplines : musicologie, cinématographie et histoire ; sociologie, philosophie et phénoménologie ; psychologie, sciences cognitives et neurosciences et, en outre : littérature comparée, esthétique, technique vocale chantée et parlée, sciences de la communication et de la réception spectatorielle. Parmi les intervenants, le Professeur Michel Imberty s'est imposé d'emblée par sa triple approche philosophique, musicologique et psychologique ; ses travaux serviront de références. Cette confrontation a enrichi le champ des investigations autour du mot-clé : l'émotion, un peu au sens de la théorie de l'effet de vie lancée par le Professeur Marc-Mathieu Münch.
Ce volume collectif est structuré en deux parties distinctes. La première, plus spéculative, porte sur la définition, le sens ou l'acception à donner aux mots-clés : Musique de films et Émotion. Elle pose le problème des « mécanismes émotionnels dans la fiction », puis débouche logiquement sur la traduction des émotions dans les produits audio-visuels.  La seconde partie se situe au niveau de la démonstration et de l'étude de cas et d'exemples précis. Elle présente l'émotion musicale comme « une valeur ajoutée », gravitant autour de l'expression musicale favorisant l'émotion ; l'émotion intentionnelle, entre attente et inattendu, avec les émotions musicales et la narrativité. Enfin, le chapitre conclusif : De l'oral à l'écrit aborde plus particulièrement « les relations son-image ». Tous ces constats reposent sur des exemples percutants à partir de films et de documents audiovisuels significatifs. Il n'est pas possible, dans ce cadre, d'entrer dans les détails, toutefois l'apport de ces recherches pluridisciplinaires pourrait être brièvement résumé à partir de l'Index  alphabétique) des émotions, en les classant en fonction des occurrences et de l'effet suscité par ces productions audiovisuelles évoquées lors de cette rencontre. Arrivent en tête : peur et amour, puis tension, tristesse, joie, surprise ; enfin : colère, nostalgie, haine, bonheur, dégoût, mélancolie…

Cet apport global et très développé ressort des listes portant sur « le contenu émotionnel de la musique » (p. 285) d'après Michel Imberty et les « oppositions sémantiques » de la magistrale synthèse de Muriel Joubert (p. 289-298). Complété par une imposante Bibliographie thématique, cet ouvrage collectif, avec un apport méthodologique très neuf, propose donc diverses approches d'ordre sémantique, linguistique, analytique et de très utiles « outils de représentation des relations et interactions son et image » dans le cadre de la communication audiovisuelle. Selon la conclusion de Muriel Joubert : « En somme, c'est sans doute à travers les notions d'inter-intentionnalité que s'accomplit ce prodigieux art de la synthèse sensorielle et émotionnelle qu'est le cinéma » (p. 298).
 
 

mardi 1 septembre 2015

Recension du livre de Lin-Ni Liao dans l'Éducation Musicale n°95 : Héritages culturels et pensée moderne. Les compositeurs taïwanais de musique contemporaine formés à l'étranger. BDT0046

L'Éducation Musicale n°95 de septembre 2015
Recension d'Édith WEBER

Lin-Ni LIAO : Héritages culturels et pensée moderne. Les compositeurs taïwanais de musique contemporaine formés à l'étranger.

Collection Pensée Musicale, 2015, 373 p. – 25 €. Réf. BDT0046

Sur le plan culturel, en raison de sa complexité historique, l'Île de Taïwan (ex Formose), séparée de la Chine continentale, a assimilé diverses influences : chinoise, japonaise et occidentale. Lin-Ni Liao s'attache à démontrer le glissement d'une « identité fantasmée à une identité politique », puis d'une « identité culturelle à une identité artistique ». La première partie est d'ordre historique, avec un rappel des diverses occupations néerlandaise, espagnole puis japonaise entre 1895 et 1945. Toutefois, quelques Taïwanais ont poursuivi des études musicales à l'étranger, par exemple Chang Fu-Hsing, suivi de Lee Chi-Chwan, pédagogue marqué par l'éducation occidentale. Jiang Wenye a joué un rôle de novateur dans le domaine de la musique contemporaine, Chen Su-Ti s'est spécialisé dans la musique religieuse pour piano et Kuo Chi-Yuan, dans différentes formations instrumentales. De 1945 à 1960, se produit un « vide culturel avant une ouverture très progressive », avec « une musique nationale et une musique politique », la création d'institutions : Département de musique, École nationale des Arts de Taïwan, mais aussi d'Orchestres nationaux au service de la musique classique et contemporaine. C'est surtout grâce à Hsu Tsang-Hovei que, dans les années 1960, la musique contemporaine et la critique musicale connaîtront un essor remarquable. De 1970 à 1987, une certaine « contrainte politique » se manifeste par exemple avec le Recueil des chants traditionnels populaires ; les efforts portent alors sur la collecte de chants taïwanais et la défense de l'identité nationale, associée à la fondation de la Bibliothèque musicale, à des réflexions de Shin Wei-Liang, à la création du Centre de recherche de la musique traditionnelle chinoise ayant pour objectif la renaissance de la culture chinoise lancée par des efforts pédagogiques envers des enfants doués et la création de classes spécialisées en tenant compte des enjeux sociaux. De 1987 à nos jours, la conscience taïwanaise se dégage, des changements politiques se manifestent et, progressivement, les compositeurs et compositrices s'imposent avec des programmes de musique contemporaine interprétés par des ensembles de percussions et des orchestres de chambre reflétant une « dynamique orientée vers le monde extérieur ».
Le sujet essentiel de cet ouvrage  — si riche en faits, constats accompagnés d'une abondante liste de compositeurs taïwanais ayant étudié à l'étranger — fait l'objet de la deuxième partie. Lin-Ni Liao propose une éclairante revue des musiciens taïwanais formés en Europe : Autriche et France, notamment à la Sorbonne dans les Séminaires des regrettés Professeurs Jacques Chailley et Tran Van Khê, puis de Danièle Pistone, François Picard, Marc Battier. Ils seront initiés à des esthétiques et principes compositionnels très variés, sans pour autant renier l'idée culturelle taïwanaise. Le cursus et le goût français leur ont été inculqués par Alain Weber et Allain Gaussin, sans oublier l'influence de Claude Debussy, tout en aspirant à un langage personnel. Chen Yu est un « compositeur au double cursus ». Le premier musicien formé aux États-Unis est Lu Yan. Plusieurs orientations sont représentées. La musique électroacoustique est aussi en usage à Taïwan dans les années 1960 grâce à Jean-Claude Éloy. Des œuvres s'inspirent de la philosophie traditionnelle chinoise avec, en filigrane, des matériaux culturels chinois.
Lin-Ni Liao a brassé une foultitude de renseignements, de noms, d'institutions situés dans leurs contextes musical, esthétique, politique et par rapport à un héritage culturel très dense. Pour ce faire, elle a élaboré une Table des matières qui se présente comme une revue extrêmement détaillée et précise et une claire mise en ordre (cf. p. 9-15). Ce livre est enrichi d'exemples musicaux et d'Annexes : Liste des compositeurs de musique contemporaine formés à l'étranger, Universités d'accueil (7 Tableaux), et d'une remarquable Bibliographie (p. 335-358) raisonnée et circonstanciée, ainsi que le rappel des sources primaires (divers entretiens) et d'un Index des noms et des œuvres, soit 373 pages résultant d'une Thèse dirigée par Marc Battier. Voilà de quoi instruire les historiens, musicologues, ethnomusicologues, compositeurs, sinologues, bref : tous ceux qui s'intéressent aux problèmes d'identité culturelle orientale, d'acculturation et de créations au XXe siècle et, en général, à l'influence didactique et aux glissements identitaires.
 

mercredi 27 mai 2015

Recensions livres Delatour France - L'Éducation Musicale n°93 de juin 2015

Recensions de livres par Édith WEBER
 dans l'Éducation Musicale n°93 de juin 2015

Tom PHILLIPS : Le son dans ma vie. Sampzon,

DELATOUR FRANCE, 2015, 108 p., 35€ TTC

 

Les Éditions DELATOUR FRANCE viennent de publier, avec de remarquables qualités de présentation graphique et iconographique, un ouvrage exceptionnel et original. Il met en scène « un compositeur parmi les peintres » autour du motif conducteur : la relation des peintres avec la musique telle qu'elle est vécue par Tom Phillips (né en 1937), à la fois peintre et compositeur anglais. Il est introduit par Jean-Yves Bosseur — élève de Karlheinz Stockhausen et de Henri Pousseur, Docteur en Philosophie esthétique (Université Paris I), directeur de recherche au CNRS et professeur de composition au Conservatoire de Bordeaux — qui réalise une mise en situation avec de percutantes observations suivie d'un entretien avec l'artiste. Il s'agit d'une « sorte de journal visuel » révélant ses musiques et musiciens de prédilection (Richard Wagner : L'Or du Rhin…, Edward Elgar, Benjamin Britten, Karlheinz Stockhausen, Olivier Messiaen, mais aussi Ludwig van Beethoven, Gustav Mahler : Le Chant de la Terre) ou encore certains protagonistes et personnages d'opéra ainsi que des hauts-lieux de la musique (Royal Albert Hall, Linbury Theater à Londres, Kunsthalle de Bâle), et encore ses rencontres avec Madame Claude Pompidou, le compositeur américain Morton Feldman... Tous ces éléments ont fait l'objet de pastels, huiles, aquarelles, crayons, collages (depuis 1973), acryliques, diaporamas : autant d'hommages aux arts sonores et visuels et à leurs promoteurs. À cette introduction succède l'entretien très révélateur au fil de pages étayées de très nombreux documents iconographiques. Les lecteurs seront subjugués non seulement par la double personnalité de Tom Phillips, mais encore par les réactions prises sur le vif et les commentaires ponctuels. Grâce à Jean-Yves Bosseur, ils réaliseront ainsi combien « les partitions musicales de Tom Phillips où stimulants plastiques et musicaux parviennent enfin à se joindre dans une source unique, permettant notamment d'envisager la problématique de la notation et de la graphie à partir d'une double perspective que peu de compositeurs ont eu jusqu'ici la possibilité d'appréhender, bien plus qu'un à-côté de son activité de peintre, sa production musicale [avec titres anglais et allemands] instaure une dimension originale de la relation du musicien à la partition, dans un sens expérimental » (p. 15).
Sous la forme d'un entretien vivant, direct et éclairant, avec questions et réponses relatives à la genèse des œuvres et aux goûts esthétiques du « compositeur parmi les peintres », cette publication, d'une incontestable originalité et nouveauté, porte sur les stimulants plastiques et musicaux, sur les correspondances structurelles entre des formes musicales comme la fugue et sur les notations musicales et graphiques. À divers titres — il ne manque que le contexte sonore —, chaque illustration mérite l'attention autour de la formule : The Sound in my Life (Le son dans ma vie). Conformément aux objectifs de la Collection : bel exemple de « transversalité ».



mercredi 1 avril 2015

Formation musicale - Formation du musicien

Lettre d’Information – n°91 – Avril 2015
Lettre de mars 2015. Tirage : 58.796 exemplaires

Jean-Michel BARDEZ, Jean-Paul DESPAX (dir.)

Collection Pensée musicale

Formation musicale

Formation du musicien

http://www.editions-delatour.com/fr/pedagogie-musicale/2581-formation-musicale-formation-du-musicien-9782752102461.html
 

Jean-Michel BARDEZ, Jean-Paul DESPAX (dir.) : Formation musicale-Formation du musicien, Sampzon, DELATOUR FRANCE, 2015, BDT0012, 290 p. - 32 €.
 
Exit le solfège rébarbatif d'antan où les futurs musiciens devaient ânonner et répéter inlassablement des phrases musicales, sans en saisir le support esthétique, et jongler entre diverses clés à une vitesse métronomique imposée. Place à la « Formation musicale » intelligente  et rentable, spéculant sur la pensée didactique (et non sur l'automatisme solfégique). Autant d'allusions aux méthodes Jaques-Dalcroze (Suisse et France) et Martenot (France), pour acquérir les indispensables « fondamentaux » ; autant d'expériences et de témoignages de musicologues, professeurs (enseignement artistique, y compris CNSMP), animateurs, chefs de chœur, interprètes, instrumentistes, compositeurs et même psychothérapeutes. Certains modèles pédagogiques proviennent de Finlande, Russie, Belgique et du Canada francophones et d'Italie. Bref : une ouverture vers l'avenir à partir, entre autres, des suggestions d'Isabelle Rétaillau-Matry et pour — selon l'optique de François Delalande — « entrer dans la musique par la création », sans oublier les contextes historiographiques, comparatifs, informatiques. Ce bilan de sept années de recherche — véritable plaidoyer pour la formation pluridisciplinaire des musiciens — converge vers la conclusion de Jean-Michel Bardez et Jean-Paul Despax : « Toute pratique pédagogique [musicale] se nourrit nécessairement de la pensée réflexive, de l'histoire et de la recherche » (p. 11).
Édith Weber

mardi 28 octobre 2014

Agenda des auteurs - C.Riot Les contes de 14-18 de mémère Germaine

Articles théâtre


Publié le 27/10/2014 à 18:42 par leblogcultureldyl

 
 http://www.editions-delatour.com/fr/contes/2518-les-contes-de-14-18-de-memere-germaine-9782752102454.html

L’art du conte

Clément Riot : Les contes de 14-18 de mémère Germaine. Avec l’accordéon de Jean-Paul Sire.

Le conte ne s’adresse pas qu’aux enfants. C’est une tradition ancestrale répandue dans le monde entier de raconter des histoires et de les enjoliver.
Les contes de 14-18 de mémère Germaine dont Clément Riot a inauguré le récit samedi 25 octobre à Argelès-sur-mer concernent plutôt les adultes. Non parce que 14-18  évoque une guerre terrible, mais surtout parce que l’art singulier de Clément Riot est teinté d’une extraordinaire érudition et très subtilement complexe. C’est toujours le cas avec ce créateur conteur dont l’imaginaire s’envole dans des contrées fantastiques et crée une profusion d’images autorisant de multiples rêveries. Le cas est un peu différent avec ces récits qui s’enracinent dans un terreau fait de mort et de glaise qui resurgit dans nos mémoires et notre histoire avec un réalisme terrifiant.

Alors oui, mémère Germaine raconte des histoires de guerre, cinq pour les cinq années du conflit. Mais nous prévient le conteur, « elles n’ont à l’origine rien à voir avec une quelconque actualité commémorative et ne correspondent à aucune intention de célébration, commande ou prévision de marché ». La découverte d’une carte postale adressée par Mémère Germaine à grand-père Georges a réveillé d’autres souvenirs. Ainsi « se mêlent la petite histoire individuelle et la grande Histoire collective ». Ainsi apparaît la conteuse. Et l’art consommé de l’auteur-conteur revivifie ces récits enfouis y mettant sa patte, son talent, sa vivacité et la distance que le temps et la mémoire impriment aux souvenirs. Pour évoquer la grand’mère, on commence par le loup, le scorpion et le crocodile, une histoire qu’elle ignorait, faisant ainsi un clin d’œil à la tradition du conte qui outrepasse les temps et les lieux. Puis on fait surgir le petit cheval nommé Bijou qui malmena fort l’officier allemand et disparut à tout jamais. Les récits des blessés à mort, de l’horreur déchaînée, des proches disparus s’intègrent alors au conte. Le cheminement de l’histoire, les rebondissements du récit sont malicieusement agencés par le conteur, chaudement soutenu par les comptines que susurre l’accordéon de Jean-Paul Sire, présent aussi dans de lumineux intermèdes. En même temps les contes de 14-18 de Mémère Germaine sont publiés dans un petit livré subtilement illustré par Laurence Gordon-Pirof.
Mais un conteur, d’abord, ça s’écoute. Vous pourrez le faire mercredi 19 novembre à Perpignan, à l'auditorium du Conservatoire à 15h et 18h, le dimanche 23 novembre à Cabestany, à 14h30, au centre culturel Jean Ferrat.
Le petit livre sera présenté le Jeudi 20 novembre à 18h à la librairie Torcatis.
Y.L.

lundi 7 juillet 2014

Presse livres - La musique et l’axiome. Création musicale et néo-positivisme au 20e siècle, par Nicolas Viel

http://www.leducation-musicale.com/newsletters/breves0714.htm#_lien6

Nicolas Viel

Collection Musique/Sciences

La musique et l'axiome.

Création musicale et néo-positivisme au 20e siècle


http://www.editions-delatour.com/fr/sciences-de-la-musique/2107-la-musique-et-laxiome-9782752102041.html

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Nicolas VIEL : La musique et l’axiome. Création musicale et néo-positivisme au 20e siècle. Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com )
Collection Musique/Sciences, 2014, 393 p. – 28 €

La création musicale, son abord, sa perception, sa finalité et sa compréhension à partir d’axiomes, figurent au centre de cet ouvrage très dense, faisant appel à tant de concepts. Ce livre retrace, en fait, leur histoire et leur succession, et illustre les déplacements culturels dans la longue durée (plus d’un siècle) autour de la notion de « calculabilité du musical ». L’axiomatisme succédera à la Gestalttheorie, aux préoccupations de l’École de Vienne, à la théorie dodécaphonique et au néo-positivisme. De nouveaux penseurs s’imposeront, par exemple le compositeur américain Henry Cowell (1897-1965), le musicologue et enseignant américain Charles Seeger (1886-1979). Abraham Moles (1920-1992), — Ingénieur en acoustique (Université de Grenoble) et Docteur d’État en Philosophie (La création scientifique dirigée, en Sorbonne, par Gaston Bachelard), l’un des précurseurs des sciences de l’information — lancera la théorie de l’informatique et de la perception esthétique, et influencera, entre autres, le compositeur français Tristan Murail (*1947), vers la seconde moitié du XXe siècle. En France, cette période verra aussi le retour du néo-positivisme avec Olivier Messiaen (1908-1992) et Pierre Boulez (*1925), à côté du structuralisme de Pierre Schaeffer (1910-1995), associé aux théories de Karlheinz Stockhausen (1928-2007) — spécialiste de la musique électroacoustique et de la spatialisation du son—, sans oublier le physicalisme de Yannis Xenakis (1922-2001) — compositeur, architecte et ingénieur — et la musique algorithmique pratiquée par Pierre Barbaud (1911-1990), l’un des premiers à utiliser systématiquement l’ordinateur pour la composition musicale. 
 
Ce volume — particulièrement dense et complexe — intéressera à plus d’un titre les spécialistes de l’esthétique et de la perception musicales, les théoriciens et mathématiciens, les compositeurs et créateurs, les psychologues et comportementalistes. Il est complété par une bibliographie spécialisée, des figures significatives, illustré par des graphiques musicaux très représentatifs et des citations pertinentes. Comme l’a observé Jean-Marc Chouvel (Préface, p. 9) : « Les axiomes dont il est question ici ne sont pas simplement ceux d’un jeu de construction plus ou moins réussi. Ce sont surtout ceux qui délimitent les conditions de possibilité d’un des arts les plus en prise avec notre sensibilité et notre conscience. » Ce constat suscitera la réflexion des lecteurs. Il en sera de même avec la conclusion prudente de Nicolas Viel : « mais il ne sera pas dit ici que l’époque de la fascinante synchronisation de la musique des humains sur le temps des machines fut une bonne ou une mauvaise chose ». (p. 335). Le recul du temps devrait trancher.
Édith Weber

Presse livres - La musique au risque des images, sous la direction de Françoise Zamour

http://www.leducation-musicale.com/newsletters/breves0614.htm#_lien5

Sous la direction de Françoise Zamour

Collection Filigrane

La musique au risque des images


http://www.editions-delatour.com/fr/musicologie-analyses/2323-la-musique-au-risque-des-images-9782752102218.html


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Françoise ZAMOUR (dir.) : La musique au risque des images. Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com), Collection Filigrane, 2014, DLT2405, 223 p. – 23 €.

La notion d’« image » regroupe aussi bien les enluminures, les caricatures que la sculpture, les représentations de musiciens (guitariste, pianistes, violoncelliste, homme-orchestre) que la dramaturgie, le cinéma, le jazz. Les exemples examinés se situent aux XIIIe-XIVe siècles, au XIXe siècle et à l’époque contemporaine. Autrement dit, sous un titre surprenant au premier abord, 13 auteurs faisant appel à des documents significatifs, étudient systématiquement — à partir d’un flirt entre image et musique — ce que « l’image nous apprend de la musique ». Au départ, leur démarche repose sur une gageure, « un risque » ; en fait, cette problématique assez récente de la représentation relève de la « transdisciplinarité » à la mode, après la pluridisciplinarité.

Au cours de deux Colloques internationaux ayant pour dénominateur commun la relation entre image et musique sous toutes ses facettes, de nombreux paramètres ont été agités : formes de « captation », de présentation de la musique, du jazz par le cinéma. Ce numéro 2 de la Collection Filigrane, avec son quadruple objectif : « Musique-Esthétique-Science-Société » révèle l’esprit d’ouverture des Éditions Delatour France et de l’École Normale Supérieure. Il intéressera, à plus d’un titre, les musicologues, ethnomusicologues, littéraires et dramaturges, ainsi que les fervents de jazz et de cinéma. En fonction de ses centres d’intérêt, chaque lecteur y trouvera de quoi réfléchir et satisfaire sa curiosité intellectuelle et artistique. Pour l’œil et pour l’oreille, le « risque des images » en vaut largement la peine.
Édith Weber

Presse livres - Les corpus de l'oralité, de Mondher Ayari et Antonio Lai

http://www.leducation-musicale.com/newsletters/breves0614.htm#_lien5

Mondher Ayari

Antonio Lai

Collection Culture et cognition musicale

Les corpus de l'oralité
 
http://www.editions-delatour.com/fr/musicologie-analyses/2326-les-corpus-de-l-oralite-9782752102058.html

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Mondher AYARI, Antonio LAI (dir.) : Les corpus de l’oralité. Sampzon, DELATOUR France (www.editions-delatour.com), Collection Culture et cognition musicales, 2014, DLT2388,  338 p. –  35  €.

D’entrée de jeu, Michel Imberty, philosophe, psychologue et musicologue, spécialiste des processus cognitifs, rappelle que « la plupart des grandes cultures musicales ne sont pas de tradition écrite ». Le texte écrit dans le Traité de Boèce ne permet pas aux musicologues de reconstituer le texte de la musique ; par ailleurs, plus proches de nous, Simka Arom, spécialiste des musiques d’Afrique Centrale, soulève la problématique de la « fixation par l’écrit d’un répertoire complètement oral et transmis de génération en génération ». L’objectif de cette publication collective vise à une redéfinition de l’oralité — compte-tenu des données contemporaines de la musicologie et de l’ethnomusicologie sous l’angle de la transmission orale des répertoires non écrits — et des rapports entre improvisation et tradition d’interprétation ; sans oublier le concept de narrativité ou proto-narrativité (J.-J. Nattiez). Après la définition d’une « œuvre musicale orale », difficile à cerner, celle-ci est replacée dans son contexte historique et social. En Occident, elle apparaît comme un art autonome. Les ethnomusicologues seront intéressés par les contributions portant sur l’Asie, la Turquie ainsi que la Tunisie, la Croatie et la Bosnie-Herzégovine. Les hymnologues apprécieront à leur juste valeur les articles circonstanciés de Jacques Viret sur le chant grégorien et son interprétation de nos jours, en réaction contre les tendances et traditions marquées par les théories de Dom Moquereau et Dom Cardine en liaison avec le Motu Proprio de Pie X (1903). Marcel Pérès, en connaissance de cause, aborde le chant vieux-romain. Daniel Poisblaud — dans la perspective de la restauration du chant grégorien — traite la question primordiale : « Comment imaginer les sons à partir de l’écrit ? » Les théoriciens seront sensibles aux critères d’approche analytique des musiques d’Orient selon Jean-Claude Chabrier, à l’analyse de la monodie modale… Les interprètes seront renseignés sur la créativité dans un village sarde ou encore sur le violon arabe. Enfin, les spécialistes des sciences cognitives trouveront leur compte dans l’extraordinaire diversité et la complexité des corpus de l’oralité révélées dans toute leur ampleur jusqu’ici insoupçonnée. À suivre. 
Édith Weber

vendredi 2 mai 2014

Presse livres - Fusion du temps. Passé-Présent Extrême Orient - Extrême Occident par Lin-Ni Liao

http://www.leducation-musicale.com/newsletters/breves0514.htm#_lien6

Lin-Ni Liao

Marc Battier

Collection Pensée Musicale

Fusion du temps. Passé-Présent  

Extrême Orient - Extrême Occident


http://www.editions-delatour.com/fr/musicologie-analyses/2282-fusion-du-temps-9782752102164.html

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Lin-Ni LIAO, Marc BATTIER (dir.) : Fusion du temps. Passé-Présent  Extrême Orient -Extrême Occident. Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com), Collection Pensée Musicale, 2014, 156 p. – 25 €.

Cette publication réunit des textes prononcés lors de la Conférence organisée en 2012 à la Maison de la Recherche (Université Paris-Sorbonne) et regroupés par Lin-Ni Liao (Taiwan) et Marc Battier (Professeur à l’université Paris-Sorbonne) portant sur la « Modernité du Nanguan [ou encore Nanyin, genre musical chinois provenant du district éponyme], spiritualité de la musique contemporaine », sous des angles très variés allant des considérations philosophiques, multiculturelles, transculturelles, compositionnelles et organologiques jusqu’à l’exotisme le plus caricatural. L’enjeu consiste également à conserver les Arts traditionnels et leur identité que la modernisation risque de mettre en péril, l’ensemble pouvant aboutir à une « créativité qui va à la rencontre de l’Occident ». Neuf auteurs, compositeurs : Marc Battier (musique électroacoustique), Allain Gaussin, Betsy Jolas, Lin-Ni Liao, Leilei Tian…, organologues, ethnomusicologues (François Picard…), sinologues (Jacques Pimpaneau), tous spécialistes confirmés, soulèvent de nombreux problèmes en liaison avec la notion de « musicologie multiple et ouverte » selon les normes de la Collection Pensée Musicale que dirige Jean-Michel Bardez. Ils tentent ainsi de dégager une véritable anthropologie et insistent sur les regards plus conceptuels des compositeurs occidentaux, alors que les compositeurs asiatiques misent davantage sur l’identité.
Édith Weber