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dimanche 8 novembre 2015

Recensions de nos partitions dans l'éducation musicale de novembre

Recensions de Daniel Blackstone dans
l'Éducation Musicale n°97 de novembre 2015

 

CHANT

Michel LYSIGHT : Three Philosophers Songs  sur un texte d'Alain Van Kerckhoven pour baryton, flûte, violon, violoncelle et piano. Delatour : DLT2500.
Sur un texte en anglais, l'auteur nous présente trois contes philosophiques librement inspirés de trois mythes occidentaux : le premier, inspiré de Caïn et Abel, le deuxième du destin de l'acacia et le dernier s'inspire de la légende de Saint Nicolas. L'ensemble laisse un rôle majeur aux parties instrumentales qui dialoguent constamment avec le chanteur. Il y a un grand lyrisme dans cette œuvre attachante.




Nicolas CHEVEREAU : Quatre poèmes de Ronsard pour baryton et piano. Delatour : DLT2543.
Parmi ces quatre poèmes de Ronsard, trois sont tirés du recueil Les Amours : Comme on voit sur la branche au mois de May est extrait du livre « Sur la mort de Marie » et date de 1578 ; Le printemps n'a point tant de fleurs s'intitule Chanson dans le livre « Nouvelle continuation des amours » (1556) et Ciel, air, et vents est issu du deuxième livre des « Amours » et date de 1552. Quant au poème Pourtant si j'ay le chef plus blanc, il est tiré du quatrième livre des « Odes » publié en 1550. On voit que le choix de l'auteur n'est pas anodin, car il réunit en un recueil des poèmes qui ont en commun une vision de l'amour dans sa dimension exaltante et passagère. La mort n'est jamais loin… Le langage utilisé est ce que l'auteur appelle un « langage tonal élargi ». Le discours musical ne fait pas redondance avec les poèmes mais les éclaire continuellement. Le chant est lyrique, mais avec beaucoup de pudeur et de retenue.


CHŒURS

Michel LYSIGHT : El Niño de Atocha  sur un texte d'Alain Van Kerckhoven pour chœur mixte à 5 voix (SATBB). Delatour : DLT2501.
Créée le 13 mai 2012 à Bruxelles, cette œuvre a été inspirée par les confidences faites à l'auteur du texte par une jeune femme de république dominicaine. El Niño de Atocha est un « enfant Jésus » local qui protégeait des sorciers et calmait les peurs de la petite fille. L'alternance de deux thèmes musicaux, l'un à caractère de berceuse populaire, l'autre plus rythmique crée une ambiance typique. Bien que consonnant, l'ensemble demande un chœur aguerri à cause de la virtuosité de certains passages, d'autant plus qu'il est important que le texte soit parfaitement compréhensible. Mais on sera récompensé du travail demandé par la beauté de l'œuvre.

Cliquez ici pour en savoir plus

 

ORGUE

Jean-Christophe AURNAGUE : Suite ailée.  Œuvre pour grand orgue. Delatour : 2429.
Cette œuvre a été écrite à l'occasion de la restauration de l'église du Sacré Cœur de Monaco. Titulaire de l'orgue de cette église, l'auteur témoigne de son émotion et de son émerveillement dans cette Suite en trois parties, trois battements d'ailes. Il nous entraine d'abord  sur les ailes de la charité. Puis un Adagio nous fait planer grâce aux Ailes de la Foi. Enfin, une toccata nous entraine avec les Ailes de l'Espérance. Le tout est tout à fait jubilatoire sans être d'une difficulté insurmontable, mais demande un instrument capable de rendre toutes les couleurs demandées par cette Suite.




FLÛTE A BEC

Jean-François PAULÉAT : Prise de Bec  pour quintette de flûtes à bec. Delatour : DLT2247.
Cette « prise de bec » est constituée d'un thème et de neuf variations. Elle est écrite pour deux flûtes sopranes, une flûte alto, une flûte ténor et une flûte basse. L'écriture en est très classique, ce qui ne veut pas dire que cela manque de charme, bien au contraire. Si le thème peut être joué par des élèves de premier cycle, les variations font appel à des flûtistes plus aguerris (jusqu'à début troisième cycle). Toutes les variations ne sont pas en quintette : duos, trios se succèdent. L'ensemble pourrait être donné avantageusement en audition par toute une classe de flûte à bec. C'est en tout cas une œuvre aussi variée qu'intéressante.
 


MUSIQUE DE CHAMBRE

Sanam GHARACHEH : Une petite question pour alto, violoncelle et contrebasse. Assez facile. Delatour : DLT2532.
Publiée dans la collection « Le temps des basses », cette courte pièce en trois parties touche au tonal, au modal et à l'atonal avec beaucoup de fluidité et de charme. Il y a même un passage que les jeunes interprètes doivent jouer « non synchrone » et ils sont priés de s'attendre pour commencer ensemble la dernière partie. Il s'agit, pour la contrebassiste qui en est l'auteur, de rendre la musique contemporaine accessible aux jeunes instrumentistes. Elle y réussit ici pleinement.


Anthony GIRARD : Une îcone  pour vibraphone et orgue. Delatour : DLT2475.
L'indication de départ : « Modéré, mais joyeux, bondissant comme une danse immatérielle » résume admirablement le contenu de cette œuvre. Ce n'est pas le dessin de l'icône mais le chatoiement de ses couleurs qui doit iriser cette pièce conçue quasiment comme un kaléidoscope aux multiples facettes. La partie d'orgue « est basée sur quatre accords répétés jusqu'à la fin de la pièce ». Répétés, certes, mais monnayés sans cesse. Il faudra, bien sûr, que l'instrument, et pas seulement l'organiste, soit capable de traduire ces jeux de lumière…


Jean-Christophe AURNAGUE : Suite ailée.  Transcription pour hautbois, basson et orchestre à cordes de Christian Escaffre. Delatour : DLT2555.
On se reportera, pour les commentaires sur cette œuvre, à ce qui en est dit plus haut dans la rubrique « orgue ». Il s'agit en effet d'une œuvre pour orgue. Nous n'avons pas trouvé d'explication à cette transcription, manifestement faite en plein accord avec l'auteur. Nous ne pouvons ici que redire toutes les qualités de ce triptyque.



Jean-François PAULÉAT : Première Suite en Trio  pour flûte traversière, flûtes à bec et violon. Deuxième Suite en Trio  pour flûte traversière, flûtes à bec et violon. Delatour : DLT2167 et DLT1960.
Nous réunissons en un seul compte-rendu ces deux œuvres car elles comportent beaucoup de points communs. Qu'on ne se trompe pas sur la mention « flûtes à bec » au pluriel : il y a bien un seul instrumentiste pour toute la famille des flûtes, dont il jouera parfois simultanément. Les deux suites se complètent. Il s'agit à chaque fois d'un bouquet de dix courtes pièces très variées qu'on pourra jouer à la suite, dans le désordre, séparément, au gré des humeurs et des besoins des interprètes. L'écriture est élégante, à la fois classique et inventive, fort agréable en tout cas. L'instrumentation atypique concours au piment de l'ensemble.

 



mercredi 2 septembre 2015

Recensions partitions Delatour France dans l'Éducation Musicale n°95 de septembre 2015

Recensions de partitions par Daniel BLACKSTONE
 dans l'Éducation Musicale n°95 de septembre 2015

 

CHANT CHORAL

Jean-Charles GANDRILLE : Agnus Dei  pour chœur mixte SATB a cappella. Delatour : DLT2526.
La seule difficulté de ce chœur, c'est que les voix sont très souvent divisées. Sinon, la pièce n'offre pas de difficulté technique. C'est simple et beau, mettant avant tout en valeur le texte. Pièce dépouillée et expressive, elle correspond tout à fait au souhait de l'auteur : « Par la beauté d'une musique sacrée, on peut accéder à la foi ». Est-ce à dire que la laideur de certaines pièces d'église peut la faire perdre ? Horresco referens…



CHANT

Jean-Charles GANDRILLE : Cinq Élégies.  Mélodies pour soprano et piano sur des poèmes tirés de Alcools  de Guillaume Apollinaire. Delatour : DLT2527.
Ce cycle de mélodies a été écrit en 1999, à l'âge de dix-sept ans, suite à une déception amoureuse… On trouve dans ce recueil toute la recherche de couleur harmonique et de fluidité mélodique qui caractérisent le style de l'auteur. C'est beau et… difficile !




ORGUE

Jean-Charles GANDRILLE : Pièces minimalistes pour la liturgie. Delatour : DLT2371.
Ces pièces, de moyenne difficulté et ne demandant pas forcément un gros instrument (trois claviers sont souhaitables mais deux peuvent suffire) sont destinées à l'usage liturgique mais peuvent, bien sûr, constituer aussi des pièces de concert. Le style de l'auteur est à la fois moderne et traditionnel, dans la lignée des grands organistes français du XX° siècle. Minimalistes par la taille et une certaine sobriété, ces pièces ne le sont nullement par leur qualité spirituelle.


Jean-Charles GANDRILLE : Méditation  pour orgue. Delatour : DLT2129.
L'œuvre porte bien son nom : si elle ne demande pas un gros instrument (deux claviers – pédalier suffiront), il faudra en revanche pouvoir jouer sur l'ensemble gambe/voix céleste afin d'exprimer toute la finesse et la sensibilité de cette belle pièce.
 PIANO
Hervé CELCAL : Bel air for piano.  Delatour : DIS0001.
Peut-on donner une note de « difficulté » à un tel album ? C'est avant tout l'esprit qu'il faut avoir pour se lancer dans cette musique aussi originale qu'attachante. Hervé Celcal donne à tous les pianistes, amateurs comme professionnels, les clés pour découvrir grâce à des partitions écrites comme des pièces classiques pour piano, et d'autres en version « partition jazz », la musique traditionnelle de la Martinique. Pour en savoir plus, il suffit de consulter la présentation passionnante faite par l'auteur, soit sur le site de l'éditeur, soit directement sur You Tube : https://www.youtube.com/watch?v=3BmJzfwa6DU

Jean-Charles GANDRILLE : Instants oniriques  pour piano. Delatour : DLT2528.
Notons qu'il est beaucoup plus facile de jouer ces pièces si on dispose d'une pédale de sostenuto. La première pièce, Grappes, joue, comme son nom l'indique sur les effets sonores, les résonnances, créant une émotion qui s'appuie sur la couleur harmonique. La deuxième, Raga, fait appel davantage à un langage monodique mais qui s'enrichit de toutes les résonnances créées par les agrégats sonores tenus et non joués. Ce sont des ambiances sonores à découvrir, qui incitent au rêve… comme le suggère l'auteur !

Jean-Charles GANDRILLE : Errance  pour piano. Delatour : DLT1954.
Cette courte pièce évoque « un personnage qui erre dans la plaine, contemplant les dégradés du coucher de soleil », dans la « nostalgie d'un amour perdu ». Tout est donc dans la recherche de la plus grande qualité sonore pour l'interprète, qui devra disposer impérativement d'une troisième pédale.
 HAUTBOIS

Gilles SILVESTRINI : Les Lusiades  pour hautbois seul. Très difficile. Delatour : DLT2298.
Cette œuvre illustre le célèbre ouvrage de Camðes, fondateur de la littérature portugaise qui, dans Les enfants du capitaine Grant  de Jules Verne sert au savant Jacques Paganel pour apprendre… l'espagnol ! L'auteur nous avertit : « Ma seule ambition a été de prolonger l'univers poétique de Camðes, à la fois lyrique, irréel et nostalgique. Le hautbois y est traité de manière expérimentale et quasi symphonique ». Des notes techniques accompagnent la partition.

MUSIQUE DE CHAMBRE

Jean-Charles GANDRILLE : Oblation  pour trompette en Ut et orgue. Delatour : DLT2194.
Cette très belle pièce, à la fois moderne par son écriture, et classique par son style porte bien son nom. On est séduit par l'ambiance méditative qu'elle crée et qui se déploie dans une sorte de mélopée accompagnée par de somptueux accords d'orgue. Un très bel enregistrement vidéo se trouve sur le site de l'éditeur et sur You Tube.

Jean-Charles GANDRILLE : Stèle  pour violoncelle et orgue. In memoriam Olivier Messiaen. Delatour : DLT2305.
Jean-Charles Gandrille nous gratifie d'une de ces atmosphères dont il a le secret : à la fois mystérieuse, envoutante, priante et avant tout, tout simplement fort belle. Puisque cette pièce est écrite « in memoriam Olivier Messiaen », comment ne pas évoquer ici « L'eau » (ou l'oraison) de la Fête des Belles eaux (1937) reprise dans la « Louange à l'éternité de Jésus » dans le Quatuor pour la fin du temps de 1940 ? La vidéo est disponible sur le site de l'éditeur et sur You Tube.

 

mercredi 27 mai 2015

Recensions partitions Delatour France - L'Éducation Musicale n°93 de juin 2015

Recensions de partitions par Daniel BLACKSTONE
 dans l'Éducation Musicale n°93 de juin 2015

 

OPERAS POUR ENFANTS

Bernard COL, musique, Cécile PRUNET, livret : La nuit des korrigans.  Opéra pour enfants (chœur et solistes). Delatour : DLT2513.
Il s'agit d'une œuvre importante puisque la durée du spectacle est d'environ quarante-cinq minutes. Un chœur d'enfant à une et deux voix, quatre rôles de solistes dont trois adultes, et un soliste secondaire enfant se partagent les rôles. L'accompagnement est prévu pour piano seul, mais un arrangement pour ensemble ou orchestre peut être obtenu sur commande.
L'argument est emprunté à l'imaginaire breton : korrigans et Ankou (figure de la mort) y jouent un rôle central. La musique est écrite dans un style romantique auquel se mêlent des références à la musique française du début du XX° siècle. Si l'œuvre a, évidemment, un côté très sombre, elle se termine cependant « dans un climat musical de joie et de libération, sur l'air traditionnel de la dérobée de Guingamp ». Souhaitons que beaucoup d'écoles de musique et de collèges se lancent dans cette aventure qui devrait être passionnante, d'autant que l'ensemble ne comporte pas de grande difficulté.

 
CHANT

Madeleine BLOY-SOUBERBIELLE : Deux mélodies  pour chant et piano. Delatour : DLT2417.
Remercions Alexis Galpérine de nous faire découvrir ce diptyque de celle qui était à la fois la fille de Léon Bloy et la femme d'Edouard Souberbielle, grand organiste et professeur qui eut pour élèves entre autres Michel Chapuis, André Isoir, Odile Bailleux…
Madeleine Bloy Souberbielle était aussi une musicienne, élève de Vincent d'Indy, dont le talent fut reconnu par Georges Auric, Francis Poulenc, et, bien entendu, son mari…
Le contraste entre les deux poèmes est extrême : dans Demain dès l'aube… Victor Hugo nous fais partager son cheminement vers la tombe de sa fille. La babillarde d'Antoine de Baïf  est au contraire un poème léger, bien dans la veine des poètes de la Pléiade. On aimera la délicatesse de l'écriture de ces mélodies écrites en 1948 et qui méritent d'être chantées et enregistrées rapidement.

ORGUE



Fernand de LA TOMBELLE (1854 – 1928) : Jeanne d'Arc. Suite d'épisodes symphoniques pour orgue. Delatour : DLT2478.

Remercions d'abord les éditions Delatour de publier pour la première fois cette œuvre monumentale d'un compositeur trop méconnu. Ce baron aux multiples talents, compositeur, pianiste et organiste, pédagogue, écrivain, poète, photographe, élève d'Alexandre Guilmant, Théodore Dubois et Camille Saint-Saëns fut un des fondateurs de la Schola Cantorum où, professeur d'harmonie, il comptera parmi ses élèves Déodat de Séverac, Blanche Selva, Auguste Le Guennant… Cette fresque sur Jeanne d'Arc est une œuvre monumentale puisqu'elle dure environ trois quarts d'heure. Lors de la création, le 4 juin 1905, elle était intitulée sur le programme « Poème symphonique de Jeanne d'Arc ». Reprenant toute l'histoire de Jeanne grâce à deux thèmes principaux qui parcourent la composition et à des motifs annexes, l'ensemble allie à la fois continuité et diversité. Il faut aller lire sur le site de l'éditeur la présentation ainsi que, dans la partition, la copieuse et passionnante introduction de celui qui a réalisé cette première édition : J-Emmanuel Filet.


 

Gabriel FAURÉ : Pelléas et Mélisande.  Transcription pour orgue de Louis Robillard. Delatour : DLT2134.
On connait la qualité des transcriptions  pour orgue de ce remarquable organiste et professeur. Les indications de registration et de répartition des plans sont conçues pour un instrument à trois claviers, mais il sera possible d'adapter en fonction de l'instrument dont on dispose, en respectant cependant l'esthétique de ceux que Fauré à connus… Bref, c'est un grand plaisir de pouvoir aborder ainsi ce répertoire.




GUITARE

Didier RENOUVIN : Passé (re) composé.  Etudes progressives pour guitare. Débutant à supérieur. Delatour : DLT1823.
A travers ces études, c'est toute une vie et une expérience d'enseignement que l'auteur nous livre. Beaucoup de ces études sont des hommages ou des clins-d'œil à tel ou tel compositeur ou guitariste connus, ou encore des exercices de styles. Bref il y a beaucoup de variété, de vie et de vraie musique dans ces études qui ne négligent pas, bien évidemment, le côté technique.




HAUTBOIS

Paul STERNE : Prélude  pour hautbois et piano. Facile. Delatour : DLT2287.
La mention « facile » risque d'induire en erreur. Certes, cette œuvre ne demande pas de grands moyens techniques, mais c'est avant tout une musique riche par ses harmonies délicates, son lyrisme, son caractère méditatif et parfois un peu champêtre.  C'est avant tout de la très belle musique qu'on pourra écouter intégralement sur le site de l'éditeur.

CLARINETTE

Paul STERNE : Soliloque  pour clarinette seule. Fin de second cycle. Delatour : DLT2512.
C'est une jolie pièce à l'aspect un peu mystérieux qui mettra en valeur les qualités tant technique que musicale du jeune clarinettiste. On peut écouter la pièce intégralement sur le site de l'éditeur.

SAXOPHONE


Charles BALAYER : Amusette, Ah musette  pour quatuor de saxophones. Moyen/avancé. Delatour : DLT2302.

Quelle jolie valse-swing ! Composée primitivement pour accordéon, elle sonne admirablement pour ce quatuor de saxophones. Après un intermède introductif, répété régulièrement, se déroulent des « chorus » qui se développent de huit en huit mesures. L'ensemble est joyeux, mais toujours avec ce brin de mélancolie du style « musette ». C'est en tout cas très réussi ! 




 

MUSIQUE DE CHAMBRE

Thierry PALLESCO : Sortilèges  pour quatuor à cordes. Moyenne difficulté. Delatour : DLT2351.
Trois mouvements pour ce quatuor. Le premier, Vivace,  après quatre mesures battant la pulsation, est entièrement construit sur une succession ininterrompue de croches jusqu'à quelques mesures de la fin. On a l'impression d'une sorte d'envoutement. Le court deuxième mouvement est un Lento en valeurs longues et très lyrique. Quant au troisième mouvement, on y retrouve le rythme lancinant du premier mouvement, parfois décliné en doubles croches, avec des envolées semblables à des fusées. On y retrouve toutes les qualités expressives et musicales de cet organiste et compositeur dont on pourra écouter sur Youtube les compositions pour orgue.



Thierry PALLESCO : Prélude pastoral et fugue  pour piccolo, hautbois et cordes. Moyenne difficulté. Delatour : conducteur DLT2350 – matériel DLT2350E.

Il s'agit d'un septuor : au piccolo et au hautbois se joint un ensemble à cordes au complet. Piccolo et hautbois font de courtes interventions qui ponctuent le discours des cordes. On connait le côté « pastoral » de ces deux instruments. L'ensemble possède les qualités musicales des œuvres de ce compositeur-organiste plus connu pour ses œuvres pour orgue. C'est vraiment de la belle musique !
 



Jean-Jacques WERNER : Ils s'appelaient Pierre et Paul.  Elégie pour Violon solo, Alto solo & orchestre à cordes. Solistes et réduction piano. Delatour : DLT2444. Conducteur : DLT2443.
Cette œuvre est un « Hommage aux combattants de la Grande Guerre 14-18 » Ecrite en 2013, elle a été créée à Nancy le 17 mars 2014. Cette pièce poignante s'inscrit bien dans le regard que nous portons aujourd'hui sur cette période de l'histoire. L'auteur cite en conclusion de son œuvre cette phrase du prêtre et poète allemand Séverin-Anton Averdonk : « Un monstre vint, surgi des abîmes de l'enfer, il grandit entre le ciel et la terre, et ce fut la nuit ». Que dire de plus ?
Gérard HILPIPRE : Symphonie de chambre  pour 7 instruments solistes. Assez difficile. Delatour : DLT2411.
Il s'agit de la réécriture en 2014 d'une œuvre écrite en 1987. Les sept instruments sont une flûte, une clarinette (alternant avec la clarinette-basse), violon, alto, violoncelle, piano et percussions. L'œuvre est constituée de cinq sections qui s'enchaînent. Chacune offre un paysage différent, en contraste avec le précédent, onirique, lyrique, contemplatif… Il y a donc beaucoup de poésie et de charme dans cette œuvre passionnée. 


 
Jean-Charles GANDRILLE : Près des fleuves de Babylone  pour violon et orgue. Difficile. Delatour : DLT2477.
Cette œuvre est inspirée par le Psaume 136, dont on ne retient souvent que la première phrase « Près des fleuves de Babylone, nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion. » Mais ce chant du peuple juif déporté à Babylone contient aussi des accents terribles : si la danse est présente aussi dans ce psaume, c'est en souvenir de Jérusalem ; et le dernier verset exprime toute la soif de vengeance des déportés : « Fille de Babel, la dévastée, heureux qui te rend la pareille, le mal que tu nous as fait ! Heureux qui saisit tes enfants, et les écrase sur le roc ! ». Tout cela se retrouve dans cette œuvre tendue, haletante, à la fois pleine de nostalgie et de brutalité.